Selon vous, quelles sont les incidences du débat sur le déclin de l'histoire nationale sur l'éducation à la citoyenneté?
D'un côté: Éric Bédard, chercheur, historien et professeur à la Télé-université et la Coalition pour l'histoire.
De l'autre: Denyse Baillargeon, professeure au département d'histoire de l'université de Montréal.
Le débat qui a fait rage dans les dernières semaines sur le déclin de l'histoire nationale est d'une grande importance pour les enseignants et les futurs enseignants puisque les recommandations qui émanent de la Coalition pour l'histoire à la suite de la publication d'une étude sur l'importance de la place de l'histoire nationale dans le réseau universitaire québécois les concernent directement. En effet, on propose de rehausser la qualité de la formation académique universitaire sur l'histoire nationale des futurs enseignants et on prône le retour à la formule de la majeure en histoire et du certificat en pédagogie pour obtenir un brevet d'enseignement. La réponse de Denyse Baillargeon dans Le Devoir vise surtout à déconstruire les résultats de l'étude en affirmant qu'on ne peut pas se fier à ces résultats qui ne comptent que sur les titres des mémoires et des thèses pour déclarer que la place de l'histoire nationale est en déclin dans les universités francophones au Québec. Pour elle, même les thèses et les mémoires qui ne sont pas axés sur l'histoire nationale traitent de cette question pour complexifier l'approche de leurs sujets. Son article ne parle pas de l'impact de ce débat sur l'enseignement, mais elle aborde une question qui est d'un grand intérêt pour la question: "Car, à mon avis, c'est bien de cela qu'il s'agit: revaloriser l'histoire politique et nationale afin de redynamiser l'appui populaire à la cause souverainiste", et cette insinuation est directement en lien avec l'éducation citoyenne des élèves.
Je m'explique. En tant que future enseignante, je me pose constamment des questions sur ma formation universitaire. Est-elle satisfaisante? Me prépare-t-elle à la réalité des écoles? Ai-je une formation en histoire suffisante pour enseigner la matière au programme? Cependant, la réponse à ces questions est toujours en évolution. Le présent débat m'a grandement fait réfléchir sur ma propre objectivité, sur mes propres opinions politiques et sur la façon dont il faut traiter de tout cela avec les élèves. C'est en cela que le débat sur le déclin de l'histoire nationale au Québec à une incidence sur l'éducation à la citoyenneté. Le Programme se veut neutre et objectif et cherche à former des citoyens autonomes et critiques, mais qu'en est-il de la façon dont l'histoire est enseignée? La façon dont l'histoire nationale est enseignée a un impact important sur le développement de la conscience citoyenne d'un élève parce que cette histoire est celle sur laquelle il pourra contextualiser la réalité dans laquelle il vit quotidiennement. Cependant, je crois que les futurs enseignants sont généralement bien outillés pour enseigner cette histoire nationale, tant qu'ils l'enseignent de la façon la plus objective possible en se détachant de leurs opinions personnelles (sans les cacher aux élèves pour autant). De plus, je suis d'accord avec Denyse Baillargeon pour dire que l'histoire sociale, politique et nationale sont de plus en plus interreliées et que cette interrelation en augmente la richesse. Je crois qu'un futur enseignant qui est formé aussi solidement en histoire nationale qu'en histoire internationale et ce, à plusieurs époques différentes, est mieux outillé pour développer la pensée historique de l'élève qui mènera celui-ci à la construction de sa conscience citoyenne.
Très bien.
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